24/10/2011

Jour 4: Cho su'c khoe! (Santé)

Après une nuit dans l’intimité de la moustiquaire, nous sommes réveillés assez tôt par la basse-cour qui n’a vraisemblablement pas compris que c’est lorsqu’il fait clair qu’il faut chanter. Nous nous rendons dans la même auberge que la veille pour déjeuner. Comme de coutume dans cette aventure nord-vietnamienne, nous entamons la journée avec un gros plat de nouilles. Dan nous propose d’ajouter un piment local. On remercie Aurélien de s’être sacrifié, sa langue doit encore s’en souvenir. Nous reprenons nos bécanes pour repartir vers un autre petit village perdu, en faisant étape à Lao Cai (capitale de la province). La « nièce » (on est facilement le neveu ou la nièce de quelqu’un ici) de Dan nous accompagne. On commence par de superbes routes à travers une sorte de jungle luxuriante. Encore une fois, de superbes décors s’offrent à nous. La fin de la matinée sera surtout marquée par quelques cascades que j’ai improvisées. En effet, après la jungle, nous traversons pendant plusieurs quelques kilomètres une sorte de chantier immense. Les routes ne sont pas particulièrement difficiles mais le sol est recouvert de minuscules graviers et force est de constater que je ne m’y suis guère adapté… De plus, notre guide a crevé quelques kilomètres auparavant et nous laisse continuer seuls. Tout commence lorsque, grand seigneur, j’essaie de rattraper Aurélien pour lui signaler qu’il a oublié de remettre le pied de sa moto. Bardaf, c’est l’embardée. Une chute sans gravité pour moi mais la moto a morflé. Le cale-pied gauche s’est replié sur le changement de vitesse, impossible de continuer… Mais c’était sans compter sur les ouvriers du chantier qui ont immédiatement accouru pour nous aider. Nous n’avions aucun mot de vocabulaire en commun mais ils comprennent rapidement le problème. Quelques coups de marteau et de pince plus tard, je peux repartir en remerciant mes sauveurs providentiels. Dan nous rejoint. Mais à peine le temps de lui conter nos aventures, je remets le couvert. Mais cette fois, c’est moi qui morfle. Je déchire mon pantalon et m’occasionne quelques écorchures. Mais à tout malheur quelque chose est bon, la nièce de Dan soigne mes plaies, superficielles. On repart donc, sans trop de soucis. Nous rejoignons une grande route qui longe la frontière chinoise et de superbes bananeraies. Nous nous arrêtons en route (petite auberge au bord de la route) pour manger. Au menu, notamment : viande de cheval et boyaux de porc. On repart ensuite à vive allure vers Lao Cai ou Dan emmène mon fidèle destrier chez son beau-frère pour le faire réparer. La réparation prend du temps, on en profite pour faire quelques parts de billard. Le temps passe et au moment de repartir, la nuit commence à tomber et nous avons encore 50 km à parcourir. Déjà en journée ce n’est pas facile, mais ce parcours de nuit nous aura donné quelques frayeurs (beaucoup de bétail et autres animaux sauvage sur des routes de montagne non-éclairées). Nous arrivons finalement à Muong Khong, petit village, où nous nous installons dans l’hôtel, plus que potable. Après un court repos, nous nous rendons dans une sorte de cantine extérieure où chacun peut aller préparer son repas. Nous y mangeons avec la famille du frère de Dan qui a mis les petits plats dans les grands : canards, boyaux de porcs et autres spécialités dont on a préféré ne pas savoir de quoi il s’agissait. Et surtout, nous retrouvons notre amis/ennemis : l’alcool de riz. La soirée est très très arrosée et l’ambiance est excellente. Nous ne parlons pas la même langue mais nous vivons de grands moments d’amitié et de camaraderie avec nos hôtes du soir. Un moment inoubliable. Nos souvenirs de fin de soirée sont plus que flous, mais nous parvenons à rejoindre notre hôtel pour une nuit bien méritée.

09:20 Écrit par amaury dans Vietnam | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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